
Le 22 avril 2025, l’Accor Arena de Paris vibrait au rythme du concert « Solidarité Congo », une grande mobilisation artistique soutenue par l’État congolais pour attirer l’attention de la diaspora sur la crise humanitaire persistante dans l’Est de la RDC. L’événement, coordonné par plusieurs ministères, a été salué pour sa réussite, tant sur le plan artistique que médiatique, grâce notamment à la participation de figures emblématiques telles que Fally Ipupa, Gims ou encore Didi Stone.
Cependant, trois mois après cette réussite, l’enthousiasme cède place à la frustration. Une partie importante des journalistes culturels congolais ayant été déployés à Paris pour couvrir l’événement attendent toujours leur prise en charge, en dépit des engagements formels pris avant leur départ.
Blocage au ministère du Budget : un silence qui suscite l’indignation
Toutes les procédures administratives avaient pourtant été respectées : les ordres de mission délivrés, les budgets approuvés, et les affectations validées. Mais le déblocage effectif des fonds se heurte à l’inertie du ministère du Budget, dirigé par le ministre d’État Aimé Boji Sangara. Plusieurs tentatives de relance ont été entreprises, sans réponse officielle à ce jour. Ce silence prolongé alimente le ressentiment des journalistes concernés, qui dénoncent un traitement injuste et un manque de considération.
Entre négligence et mépris institutionnel : l’incompréhension grandit
Pour ces professionnels de l’information, le silence des autorités budgétaires dépasse la simple lenteur administrative : il s’apparente à un véritable déni de reconnaissance. Certains évoquent des échanges condescendants, d’autres rapportent qu’on leur a simplement conseillé de « patienter », sans aucune échéance concrète, malgré la budgétisation actée de leurs frais. Une attitude perçue comme méprisante, qui jette une ombre sur la crédibilité des engagements étatiques envers les corps de métier mobilisés à l’international.
Appel à la haute hiérarchie : Tshisekedi et Suminwa interpellés
Face à cette situation qui s’enlise, les professionnels des médias culturels appellent désormais à l’arbitrage du Président Félix Tshisekedi et de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Leur intervention est attendue pour rétablir un traitement équitable, restaurer la confiance entre les journalistes et les institutions, et réaffirmer que la parole de l’État a une valeur, même lorsqu’elle concerne des missions à l’étranger. Ce dossier s’impose désormais comme un test concret de la volonté gouvernementale d’enraciner une gouvernance fondée sur la responsabilité et le respect des engagements.
Patrick Muyaya dans une impasse sans soutien financier
Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, se retrouve en première ligne face aux interpellations du secteur, bien qu’il n’en détienne pas les leviers financiers. Son cabinet aurait déjà saisi à plusieurs reprises le ministère du Budget pour réclamer les décaissements, sans succès jusqu’à présent. La question des responsabilités est donc claire : le traitement financier des missions dépend exclusivement du ministère du Budget, dont l’inaction bloque tout dénouement.
Un précédent inquiétant pour l’avenir de la coopération entre l’État et la presse
Ce bras de fer latent entre les journalistes culturels et les autorités budgétaires pourrait avoir des conséquences lourdes. Plusieurs professionnels songent désormais à boycotter les futures missions officielles à l’international, en l’absence de garanties solides sur leurs conditions de travail. Ce retrait serait un coup dur pour la diplomatie culturelle de la RDC, qui s’appuie largement sur les médias pour porter son message au-delà des frontières. L’État congolais doit impérativement réagir, réparer cette injustice et envoyer un signal fort en faveur du respect des métiers de la presse. Car sans eux, aucune stratégie d’influence ni vitrine culturelle ne peut réellement prospérer.
Le respect dû aux journalistes n’est ni une faveur, ni un luxe : c’est un impératif démocratique. À l’heure où l’on parle de « Soft Power congolais », comment bâtir cette ambition sans honorer ceux qui en sont les principaux relais ?
LA RÉDACTION

































































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